Poésies de Titou

 


Les rameaux de mon coeur

Ma croix

Blanche Le joli mois de mai

Ton Refuge a trois ans

Tite fée
 
 

 

Les rameaux de mon coeur

 

J’ai cueilli aujourd’hui ma vie en rameaux

Certains sont fanés, d’autres encore beaux.

Certes ils ne m’accueillaient pas en souveraine

Ils étaient là pour me rappeler la vie que je traîne.

 

D’eux, je vais devoir faire un grand tri

Pour n’être parée maintenant que des plus jolis.

Les autres, j’en ferai un grand fagot

Et rapidement, je leurs tournerai le dos.

 

Mais les rameaux brûlés laissent des cendres

Et il me faudra bien aussi les répandre.

Parfois les cendres sont un bon engrais

Et surtout pas l’onction de regrets.

 

J’écrirais à la cendre des rameaux

Pour implorer qu’un soleil nouveau

Rappelle que la Pâques ça se prépare

Et qu’il ne sera jamais trop tard.

 

Alors de rameaux de paix en rameaux de joie

Les palmes… je les obtiendrai cette fois

Et j’alimenterai de rameau d’olivier

Les feux de l’amour, à l’éternité.

 

Oh nuit, qui enveloppe ce jour

Allume tes étoiles, guident d’amour

Ne me laisse pas avec mes oripeaux

Berce moi dans ta bienfaisante musique de Rameau.

 

©Titou

13/04/2003

Ma croix

 

Cette nuit, les heures s’écoulent lentement

Tous les bruits, tous les sons m’envahissent doucement.

Je veux revivre pendant qu’il est encore temps

Les souvenirs de notre vie à deux, heureuse pourtant.

 

Aurai-je assez d’heures pour me souvenir

De tous nos moments d’intenses plaisirs

Pour que l’instant venu ils mettent un sourire

En disant adieu à ton amour pour ton autre avenir.

 

Comment appréhenderai-je cette fatalité

De perdre en un jour toutes nos années.

Pendant un an j’ai espéré une guérison avérée

Oh mon Dieu, je vous ai tant prié.

 

Qui va m’aider à franchir le pas

Un si petit pas entre la vie ou le trépas

Toi tu seras dans d’autres bras…là-bas

N’ais-je donc vécu que pour connaître ce tracas ?

 

Je tourne, je vire, je tords mes mains

Elles qui n’ont pas su infléchir le destin

Maintenant mes larmes ne servent plus à rien

Tu seras définitivement loin…demain.

 

Chaque objet me rappelle un souvenir

Serré contre moi ils me font encore frémir

Et je sens monter en moi le grand désir

D’être une dernière fois dans tes bras avant de partir.

 

J’avais les armes pour me défendre

Et qu’ai-je attendu pour les prendre ?

Aussi mon cœur, il faut maintenant à l’évidence te rendre

Même si tu pleures des larmes de cendres.

 

Vierge Marie je ne demande rien pour moi

Mais protégé Bernard sous son nouveau toit.

Et même si cette séparation me met en grand émoi

C’est vous que je retrouverai au pied de ma croix.

 

©Titou

10/04/2003

 

 

Blanche

 

Je rêve ce soir devant ma page blanche

Du voyage que tu vas entreprendre dimanche

Le pont, pour y aller n’est pas de planche

De l’autre côté t’attend une jeune pervenche.

 

Il fera bon au soleil de Djerba la blanche

Sur la séparation, tu prendras ta revanche

Tu mettras tes mains sur ses hanches

Certes, vos yeux ne seront pas étanche.

 

Puis sur le sable d’une belle plage blanche

Des fous rires a partager en grandes tranches

Pas un écueil ni la moindre petite branche

Pour entraver vos retrouvailles franches.

 

Mais un jour, tu entendras une cigogne blanche

Te dire… prends ton sac et tu t’endimanche

Suis moi je te montrerai un autre ranch

Où tu retrouveras celui pour qui ton cœur penche.

 

Alors tes mains seront blanches

Tout contre elle, une nouvelle fois tu t’épanches

Non Maman il ne faut surtout pas que tu flanches

Ensemble nous avons déjà gagné la première manche.

 

A mes mots, ce soir j’ai laissé carte blanche

Dans mon cœur, une vibration à double anches

Aussitôt les souvenirs s’enclenchent

Je pense à vous deux …petites souris blanches.

 

©Titou

21/04/2003

 

 

Le joli mois de mai

 

Au petit matin de ce nouveau jour

Vous avez fait le bilan de votre amour

Vingt six ans c’est déjà un sacré bout de chemin

Que vous continuerez main dans la main.

 

Si l’on pouvait comptabiliser

Tous les mots doux que vous avez échangés

Ils feraient de la terre à la lune plusieurs allers-retours

Tant il est grand votre amour.

 

Les jeunes mariés d’un joli mois de mai

Créaient ce jour là une famille qui dans le temps perdurait.

Depuis, vous avez connu de bien belles joies

Il en viendra d’autres qui installeront un grand émoi.

 

Et lorsque la maladie est venue perturber l’ordre des choses

Il y a toujours eu la main de l’autre qui calme et qui repose

Tous les jours n’ont certainement pas été roses

Mais vous avez su garder l’amour en overdose.

 

Dans vos yeux, dans vos rires, dans votre vie ça c’est certain

Vous êtes unis comme les dix doigts de la main.

Alors il y aura encore beaucoup de printemps prochains

Pour dire…regarde comme il était beau notre destin.

 

©Titou

28/05/2003

 

 

Ton refuge a trois ans

 

Lorsque tu as posé la première pierre de ton Refuge

Dans un coin charmant, à l’abri des déluges

Tu ne savais pas qu’il allait devenir si grand

Et surtout, si bien fréquenté en trois ans.

 

Pour le construire tu as parlé de ta maladie

Et malgré sa présence toi, toujours, tu souris.

Tu as ajouté pour le cœur de chacun

La paix et la sérénité, ça c’est certain.

 

Les pages sont des pièces où il fait bon se reposer

Découvrir ton Alsace et s’y évader.

Tu as pensé à la faim du voyageur

Avec de bonnes recettes pleines de saveurs.

 

Mais comme une éphéméride, tous les jours,

Une poésie nouvelle attend mon retour.

J’effeuille les choses de la vie bien réelles

Même des tristes, tu en fais une ritournelle.

 

Le verbe aimer est dissimulé dans tous tes mots

Tu le conjugues à tous les temps, malgré tes maux.

Celui ou celle qui te lit mais ne te connais pas

Jamais ne pourra imaginer ta souffrance ici-bas.

 

C’est ta maladie qui transcende tes mots

Et leur choix compose de si beaux tableaux.

Un papier choisi pour chacun avec délicatesse

Une musique douce pour des effluves de tendresse.

 

Je viens dans ton Refuge pour alléger mon fardeau

Trouver en tes mots l’espoir pour des jours nouveaux.

Si mes larmes parfois coulent encore à flot

Tu es là pour me tendre la main, tu es mon radeau.

 

Aussi, ton Refuge, qui n’a pas vraiment de porte

Restera ma terre d’accueil en quelque sorte.

J’y ai déposé ma besace de mots à maux

Comme j’aimerai en ce jour te faire un autre cadeau !

 

Je pense aussi à l’architecte de ce refuge virtuel

Où, dans ses bras, tu as trouvé un autre refuge éternel.

Permettez-moi de vous dire à tous les deux un grand merci

Si je suis encore là, c’est grâce à vous, mes amis.

 

 

©Titou

14/08/2003

 

 

Tite Fée

 

L’amie des jours gris, grâce à toi, a regardé le ciel

Tu le disais, la souffrance ne pouvait pas être éternelle

L’été indien arrive avec une belle ritournelle

Pour celle qui n’est pourtant plus une jouvencelle.

 

En peu de jours, les feuilles de l’arbre de la solitude sont tombées

Les unes après les autres elles se sont détachées

Et s’il en reste encore quelques unes tout là-haut accrochées

Un grand vent de tendresse finira vite par les chasser.

 

Le ciel depuis longtemps n’a jamais été aussi bleu

Même les montagnes se rapprochent encore un peu

Et l’eau des cascades chante à qui mieux mieux

Regardez ces deux là comme ils sont déjà heureux.

 

Même s’il reste du chemin à faire ce soir je n’ai plus de maux

J’ai déposé près d’un couvent ma croix et mon fardeau

C’est sous un soleil d’automne un rêve très beau

Qui a déjà les accents du bonheur en écho.

 

Tite fée tu vas trouver sur mon visage un grand sourire

Un cœur qui n’aura plus que les accents du bonheur en soupire

Toi et Gérard vous m’avez aidé à traverser le pire

Maintenant, avec vous, je ne veux plus que rire.

 

Merci à un autre Gérard qui un jour m’a pris la main

Avec lui je sais que j’avancerai vers demain

Vous êtes d’une résurrection les témoins

Je n’écrirai plus jamais le mot fin.

 

©Titou

11/10/2003