Poésies Dominique

  


D'une blonde
A Beethoven.
Hymne
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Dune blonde.

Dune blonde amante des souffles de hasard

J’avance, flots d’or d’éternité revétus
Pourtant je n’amasse et je n’offre que fétus

Dune blonde amante des souffles de hasard

Mais tant d’aubes claires s’irisent tout là-bas
Et les vents m’emportent vers des lointains de nacre,
M’entraînent où flamboient des horizons lilas…

En moi fourmillent toujours mes espoirs tétus
Pourtant je n’amasse et je n’offre que fétus

Le tourment de ma soif la plus vive s’estompe :
Dans la coupe d’ocre d’un désert sans orages
Une fadeur sourde se répand et détrompe
Mon cœur exalté par de somptueux mirages

Les jours s’obstinent malgré mes paupières closes
Et les vents m’emportent vers des lointains de nacre
Où je voile de poussière l’éclat des choses

Dans la coupe d’ocre d’un désert sans orages
Je ne veux plus verser de nectars éphémères
Mon cœur exalté par de somptueux mirages
Tu vois la mort du jour confondre tes chimères

Dune blonde amante des souffles de hasard
Craintive quand l’ombre s’empare de l’entour
Lorsque le froid t’étreint, que naissent des murmures,
Qu’ils s’enflent, s’aiguisent, se hèlent tour à tour
Sous le dais nuital où se perdent leurs augures

Que des formes paraissent qui semblent guetter
Porteuses fidèles d’un très ancien message
Mais la peur t’instille son fiel pour apprêter
Ces remous clairs-obscurs qui te feraient plus sage

Dune blonde amante des souffles de hasard
Lorsque le froid t’étreint, que naissent des murmures,
Découvre dans ces voix les Mentors qui conseillent
Sous le dais nuital où se perdent leurs augures
Apprends les parfums musqués des fleurs qui s’éveillent

Porteuses fidèles d’un très ancien message
Versant des larmes de rosée pour qu’à l’aurore
Ces remous clairs-obscurs qui te feraient plus sage
Miroitent, tranquilles et t’apellent encore

Dune blonde amante des souffles de hasard…

Juillet 1996, Septembre 1997.
Lyon, Saint Nizier.

©Dominique

Symphonie n°1, opus 10.

A Beethoven.

La musique est une île secrète,
Un écrin de délicates métamorphoses,
-margouillis de délirantes anamorphoses-
Ses rivages escarpés sont un recueil
Où s’enluminent les harpes* éternelles des vagues.
Là, dénude-toi dans les senteurs des narcisses* ;
Que dans leur œuvre noire plus rien ne t’extravague :
Par l’humble jusqu’au sublime il faut que tu glisses !

La musique est une île secrète,
Une amulette où s’affrontent en magie
Les éclats jaspés
De danses et de tours de lutins*
Gouailleurs
Et d’échos de cithares*
Babilleurs
De cancatilles où chatoie l’élégie
Et les vents se chamarrent ;
Là, féconde-toi à ce festin
De l’ombre échappé

La musique est une île secrète,
Un jardin paradisiaque
Où les lyres* enfantent en un chant nuital
De doux rêves d’aurore lointaine
Et d’amour dionysiaque
Dedans l’embellie d’un azur firmamental.
Là, tu découvriras la fontaine
Des milles tendresses et des âcres liqueurs
Encloses dans l’île* secrète de mon cœur.

Octobre 1988, Septembre 1992.
Saint Nizier, Lyon.
©Dominique

Hymne

Je voudrais être une île plantée là comme une dent
Et succomber sous les caresses de langues d’écume,
Vagues impudentes aux flots argentés et ardents,
Me dissoudre dans leur mêlée sans fin qui me consume…

Je voudrais être un ciel très secret à l’humeur fantasque
Et pouvoir recouvrir et la mer et le continent
Me repaître d’amours femelles et mâles, sans masque
Admiré des ogres, méprisé par les abstinent.

Je voudrais être la terre, brûlée, léthiférée
Et ternir de poussière la sérénité des cieux
Dans un appel, dans un cri viscéral et, altérée,
Boire goulûment la pluie, la semence des Dieux.

Je voudrais être le zéphyr, ce satire invisible,
Et trousser la mer, fondre ciel et terre inassouvie,
Libérer dans l’espace cette force si terrible,
Cette brute cruelle que je porte en moi, la VIE…

Avril 1989, Mars 1994.
Saint Nizier, Lyon.
©Dominique