Poésies de Rolland Pauzin

  


Mon petit radeau
La bière brune
La mine
L'homme à l'oeil de verre
Coeur de Marguerite
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Mon petit radeau

Mon petit radeau tout frêle vogue
Sur l'océan immensément profond.
Dans l’œil de l'ouragan, sans compagnon,
Ballotte par le rouleau des vagues,

Le torse lacéré, je divague.
Quand la houle s'endort, je me morfond,
Contemplant la pointe de mes chaussons,
Cogitant à en devenir dingue.

Puis dans la brume de la nuit, piége,
Hagard, je perds l'étoile du berger;
Il ne reste que cette eau noire

A scruter pour découvrir le secret
D'une délivrance tant recherchée.
Mon petit radeau tantôt chavire.

©Copyright 2001- Rolland Pauzin - 10-4-2001

La bière brune

La bière brune se referme, tard ce soir.
Apres tant d'espoirs apportes par ton sang noir
Tu déclaras qu'il n'y aurait plus d'au revoirs.
Les funérailles vont voir la procession noire
Faire la queue goulûment devant le comptoir:

Les bruyants Dublin ers noyés dans la Guinness,
Les Corkonians dans la Murphy enchanteresse.
-------------La bière brune se referme.-------------

Dans ce pays de légende toi la négresse
Au chef dore tu es ma seule vrai maîtresse
Mais ce soir, mon amante, tu me laisses choir
Et verses ta dernière perle de sang noir
- élixir de déesse - dans mon entonnoir.
Le cercueil est prêt, il n'attendait que mes fesses.
-------------La bière brune se referme.-------------

©Copyright 2001- Rolland Pauzin - 11-5-2001

La mine

L'homme descend dans le trou noir
Comme tous les matins noirs
Avec ses collègues du matin
Jusqu'au soir ils vont au charbon
Le cheval noir qui mène le train
Du soir au matin
Et bien sur du matin au soir
A bien du courage
D'ailleurs ils ont tous du courage
Cela se lit sur leurs visages
De pales visages dans un trou noir
Cela ne se remarque pas
Mais ils ont tristes mines
Les mineurs du soir
Et leurs yeux mines
Explosent parfois
Ils appellent ça le coup de grisou
Un grisou bien gris
Qui met tout
Sens dessus dessous
Qui fait remonter hors du trou noir
Les mines noires
Et qui vêtent les femmes en noir
Alors les femmes de mineurs
Elimines
Travaillent au noir
Ou se mettent à boire
Mais elles broient toutes du noir
Quelle est bien noire
L'histoire
Des mineurs
Tout noirs.

©Copyright 2001- Rolland Pauzin - 10-5-2001

L'homme a l'oeil de verre.

Deux ding dong a l'horloge de grand mère
Et l'homme a l'oeil de verre
M'attend a la sortie du reve.
Toujours la quand le soleil se leve,
Il n'a qu'un travail: m'attendre
J'essaie de le fuir avec des moutons
"Un deux trois quatre cinq six moutons"
Mais mes levres ne peuvent que begayer
"Six six six . le diable va t'empailler"
Puis l'oeil de verre me transfixe
Et je revis cette scene de sexe.

Trois ding dong a l'horloge de grand mere
Et l'homme a l'oeil de verre
M'attend toujours a la sortie de chaque heure.
Le visage enfoui sous le coussin je pleure
En revoyant cet enfant qui s'enfuit
Dans la solitude de la longue nuit.

Cinq ding dong a l'horloge de grand mere
Et l'homme a l'oeil de verre
M'attend toujours, comme tous les matins
Il me suit dans la salle de bain
Et malgre son sourire narquois je vais me baigner
Puis je frotte ma peau jusqu'a en saigner.
Pourrais je jamais laver ce corps souille?

Cette nuit l'homme a l'oeil de verre a encore pille
Les tresors
De mon corps.

©Copyright 2001- Rolland Pauzin - 4-5-2001

Coeur d'or de marguerite

Marguerite dans la nuit
Referme ses petales
Son coeur d'or
Encore au chaud
Bat lentement.
La rosée du matin
Lave la tige
Qui se courbe
Un peu plus
De jour en jour.
L'arthrite florale
A blessé les jointures
Du pistil,
Les pétales
Baillent a peine,
Marguerite faiblit,
Son coeur d'or se refroidit
Lentement
Puis la Camarde
Et sa faux en fer blanc
Ont mis fin aux battements
Lents
De ce coeur d'or.

©Copyright 2001- Rolland Pauzin - 02-6-2001