Poésies de Philou

  


L'enfant et le cheval
Les hivers de Raymond
Injustice de la vie
Viol

L'enfant et le cheval

Alezan courant aux vents,
Fauteuil roulant de l'enfant,
Elle est là regardant l'étalon ;
Prairie ensoleillée, moiteur, passion.

Roussins errants sur les nuages,
Enfant paralysée, pantin sage,
Elle siffle dans le loin le cheval,
Regard interrogateur de l'animal !

L'étalon se cabre vers le ciel,
L'enfant se dresse vers le soleil,
Subtilité des yeux croisés ;
L'enfant à terre est tombé.

L'animal court crinière battante,
L'enfant pleure, soupire, haletante ;
Aidée de sauvage elle se redresse,
Le cheval l'a prise pour maîtresse.

De son museau la pousse sur son dos,
L'enfant rit, les yeux aux oiseaux.
Magie de l'amour,
Rendu tour à tour.

©Philou

Les hivers de Raymond

hiver tout blanc ...
Silence lancinant.
Fleur de neige,
Joie caresse brève,
Ici le ciel est bleu,
Toi cour malheureux !

Premières mottes de neige,
Voici une mélodie sans arpège,
D'un silencieux concert,
Musique lancinante de l'hiver.

Se déposent lentement,
Sur le vitrail transparent,
Des petits anges qui se balancent,
Flocon dans une étrange mouvance.

Centre d'un grand manège,
Tout tourne dans la neige,
Il te faut t'envoler, partir,
Ecoutant le blanc silence mourir !

Une chandelle au cour,
Dans ta tendre demeure,
Repose en l'été dormeur,
Tu as enfin trouvé l'heure.

Raymond, loup à roulettes,
De ton hiver il reste quelques miettes,
La vie belle et blonde garce ta trahis,
Mais un jour ca sera notre tour aussi !

A toi Raymond l'ami à roulette mort
de ne plus supporter son fauteuil

©Philou

INJUSTICE DE LA VIE

C'est hier que j'ai su ce que ma mère nous cachait.
J'avais tant cherché pour le savoir, mais rien à faire.
Je suis tombée sur ce papier qui parle de son cancer,
Cette feuille, c'est comme si la lumière enfin m'éclairait.

A l'intérieur, c'est une femme déprimée, plus sure d'elle.
Le soleil éclaire cette pièce sombre remplie de méandres,
Grâce à tes rayons doux, je viens enfin de comprendre.
A 17 ans, ma mère malade ? mais j'ai encore besoin d'elle !

Je ne peux voir détruit à jamais l'ouvrage de ta vie,
Envolés tous tes espoirs, sans un geste, sans un soupir;
Je ne peux croire que demain, maman, tu vas mourir.
Sans dire un seul mot perdre le gain de cent parties.

Tu peux être amant sans être fou d'amour;
Tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Te sentant haï, sans haïr à ton tour te défendre,
Rebâtir encore, ou perdre d'un seul coup ton tour.

Je t'en prie, maman, lutte plus fort pour demeurer ;
Tu sais, maman je t'aime et j'ai le dos large,
mais si tu me laissais, je tomberais en marge,
Maman, reste encore longtemps à mes côtés.

S'il le fallait, j'irais pieds nus au bout du monde,
Pour soigner ta blessure et te rendre ta gaieté.
Depuis des jours, tu ne vois plus tes fleurs parfumées.
Tu sembles aveugle et sourde dans ta vie et sa ronde.

Cet astre noir qui maintenant t'habite vole tes ailes,
Cette longue vie si courte pleine d'obstacles à surmonter.
Pourquoi mon Dieu voulez-vous prendre ma mère bien aimée ?
Que votre triste volonté soit faite, sur la terre comme au ciel !

©Philou

VIOL

Je n'ai rien dit, je n'ai rien fait, je l'ai laissé faire.
J'aurais dû crier, hurler ma virginité quittant la terre,
Douleurs atroces entre mes cuisses qui m'arrachent des sanglots.

C'est un viol sans coups, mais avec blessures, là dans mon être,
Ça disparaît mais la douleur oblige le souvenir à réapparaître.
Honte à lui, envolée la petite fille à jamais j'étais salie par ce salaud.

Tout au fond de moi c'est quelque chose qui me tourmente,
Les coups sonnent et raisonnent dans ma chair, dans mon ventre.
Je revois son sourire cynique c'est beaucoup plus difficile à guérir.

Je garde ces images pour moi, ça me fait encore plus mal.
Dès que je suis seule j'éclate en sanglots, je me sens animal.
En permanence j'ai une boule au ventre, je rêve de mourir.

Quand ça arrive personne ne vous croit tout s'effondre autour de vous,
Vous êtes seule vraiment seule ! Pleurant la tête dans les genoux.
Livrée à vous à même, à vos pleurs, sans aucune aide, aucun guide.

Une histoire sordide comme la mienne ont ne s'en remet pas ;
Ca changes toute la vie, ça laisse des traces que l'on efface pas.
Personne ! Seule, je n'ai droit qu'au rejet, qu'à ma solitude humide.

Je ne suis plus comme le reste, trop honteuse, trop salie.
J'ai vécu quelque chose de diffèrent qui blesse ma vie.
Je vis dans un autre monde, mon petit monde à moi.

J'ai la haine, j'ai honte, je souffre ! Crime ! Je me sens coupable ?
Les hommes ne sont-ils tous que d'horribles bêtes pendables ?
Plus personne ne me touchera, je le jure sur la croix !

Sur une lettre de Nathalie faite pour sa mère Marie-France quelle aime de tout son cour.

©Philou